Responses to FPR's "Legacy of Wendell Berry" conference
Poetic Response to Wendell Berry's Mad Farmer

French reflection on Wendell Berry's thought

Car Berry n’est pas un simple défenseur des intérêts matériels des agriculteurs, ni ne croit naïvement – comme Jefferson – qu’ils sont des citoyens plus vertueux parce que propriétaires ; il défend la qualité du travail des paysans, parce que c’est leur travail qui les rend susceptibles de devenir plus vertueux pour la société. En effet, ils sont intrinsèquement les intendants (stewards) de la nature, cela très précisément parce que leur rapport à la nature n’est pas contemplatif, voire touristique, mais instrumental. Ils sont à la nature ce que pour Péguy les artisans étaient à la matière : ceux qui expérimentent, dans leur travail et pour leur survie, la résistance, la logique propre de ce qui est en face d’eux, de ce dont ils dépendent pour vivre. Un artisan apprend qu’une simple erreur, un petit coup de travers dans son bout de bois ou sa pierre peut rendre caduque toute son œuvre ; il apprend donc à s’adapter à la matière elle-même. Il en va de même pour le paysan qui ne peut pas faire de la glèbe ce qu’il veut, comme il le veut et quand il le veut. Péguy opposait le travail de l’artisan à celui des fonderies, soulignant (peut-être avec un peu de légèreté, d’ailleurs) que lorsqu’une pièce de métal était mal faite, il suffisait de la fondre à nouveau et de la remettre dans le moule.

Read all of “Wendell Berry: paysan, poète et penseur de l’écologie” by Frédéric Dufoing at L'inactuelle.

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